Connaissances et croyances des conducteurs participant à un programme de mesures correctives sur la façon de prévenir la conduite après la consommation de cannabis

Que devez-vous savoir :

Dans le cadre de cette étude, les chercheurs se sont penchés sur les opinions, connaissances et croyances des participants à un programme de mesures correctives visant les personnes condamnées pour conduite avec facultés affaiblies ou dont le permis a été suspendu pour ce motif. Quand on leur a posé des questions sur différentes façons d’empêcher la conduite après la consommation de cannabis (CACC), la plupart d’entre elles s’est prononcée en faveur des contrôles routiers ponctuels et de la tolérance zéro pour les jeunes conducteurs. Les opinions étaient toutefois partagées au sujet de l’établissement d’une limite légale de consommation de cannabis et de programmes de mesures correctives.

 

view of a hand on the steering wheel of a car

Cet Instantané de recherche est fondé sur l’article : « Deterring Driving under the Influence of Cannabis: Knowledge and Beliefs of Drivers in a Remedial Program » publié dans le Canadian Journal of Criminology and Criminal Justice en 2019. Lire ci-dessous ou télécharger le PDF.

Les Instantanés de recherche sont des résumés brefs et clairs d'articles de recherche, présentés dans un format convivial.

En quoi consiste la recherche ?

À mesure que les Canadiens s’adaptent aux nouvelles lois sur le cannabis, les responsables des politiques examinent les stratégies qui empêcheraient la CACC. Les chercheurs ont adopté une nouvelle approche à l’égard de cette question. Ils ont interviewé des personnes ayant déjà été condamnées pour conduite avec facultés affaiblies ou dont le permis a été suspendu pour ce motif pour connaître leurs opinions et croyances au sujet de la CACC et leurs expériences en la matière.

Cette information servira à fournir de nouveaux points de vue et renseignements aux responsables des politiques et aux agents chargés de l’application des lois afin de concevoir de meilleures stratégies et interventions pour prévenir et réduire les risques potentiels que présente la CACC. 

Qu’ont fait les chercheurs ?

Les chercheurs ont mené des entrevues individuelles avec 20 participants de Bonne conduite, un programme de mesures correctives initialement conçu pour les problèmes d’alcool au volant. Ces participants avaient 18 ans ou moins et avaient pris le volant une heure après avoir pris du cannabis au cours de la dernière année.

Ces chercheurs ont demandé aux participants ce qu’ils savaient au sujet des lois concernant la CACC et du risque de se faire arrêter pour CACC. Ils leur ont également posé des questions sur leurs expériences en ce qui a trait à la CACC, leurs points de vue sur quatre politiques ou programmes à l’étude à l’échelle mondiale (contrôles routiers ponctuels, limite légale de consommation de cannabis, programme de délivrance graduelle des permis de conduire assorti de la tolérance zéro pour les jeunes conducteurs ainsi que programmes de mesures correctives axées sur la CACC).

Qu’ont trouvé les chercheurs ?

Voici les principaux thèmes qui se sont dégagés de l’étude : 

  • Beaucoup de participants n’étaient pas au courant de la mise à jour des lois quant à la conduite après la consommation de cannabis et pensaient que les lois concernant l’alcool au volant s’appliquaient.
  • La plupart d’entre eux pensaient qu’ils risquaient très peu de se faire arrêter s’ils conduisaient sous l’effet de drogues. lls estimaient qu’ils risquaient davantage de se faire pincer s’ils conduisaient en état d’ébriété, car c’est plus facile à détecter.
  • Ils estimaient que les contrôles routiers ponctuels prévenaient la CACC. Nombreux étaient ceux qui étaient au courant du succès du programme de réduction de la conduite avec facultés affaiblies (RIDE) en Ontario et certains croyaient que ce serait un bon moyen de dissuader les gens de prendre le volant quand ils ont consommé de la drogue.
  • Les opinions étaient partagées quant aux avantages que comporte l’établissement de taux limites de concentration de cannabis dans le sang. La plupart n’étaient pas certains qu’une telle mesure empêcherait les gens de conduire « gelés », et certains pensaient que les taux de concentration de cannabis n’indiquent pas avec précision à quel degré les facultés de la personne sont affaiblies.
  • La plupart d’entre eux ont mentionné que la délivrance graduelle des permis de conduire assortie de la tolérance zéro pour le cannabis au volant pour les jeunes conducteurs aiderait à prévenir la CACC chez les jeunes conducteurs et ceux ayant peu d’expérience au volant.
  • Les participants étaient partagés (en gros dans une proportion de 50/50) quant aux avantages des programmes de mesures correctives axées sur la CACC pour dissuader les gens de conduire « gelés ». 

Quelles sont les limites de cette recherches ?

Compte tenu que cette étude repose sur des entrevues, il se peut que certains participants se soient sentis contraints de répondre en fonction de ce qu’ils croyaient être les attentes de l’intervieweur et/ou ne se souvenaient pas clairement de leur comportement antérieur. Aussi, étant donné que les personnes interviewées participaient à un programme de mesures correctives du fait qu’elles avaient conduit avec les facultés affaiblies, leurs réponses peuvent différer de celles de la population en général.

Comment pouvez-vous tirer parti de cette recherche ?

Les fournisseurs de services et les responsables de l'application des lois peuvent se servir de ces résultats pour concevoir et évaluer des stratégies, lois et programmes efficaces qui permettront de réduire le nombre de personnes qui prennent le volant après avoir consommé du cannabis.

Les chercheurs ont aussi mentionné que le fait de prendre en compte les perspectives de consommateurs de cannabis continuera à améliorer l’adoption de politiques relatives à la CACC.

Qui sont les chercheurs ?

Tara Marie Watson,1 Robert E. Mann,1,2 Christine M. Wickens,1,2 Bruna Brands1,3,4 

  1. Institut de recherche sur les politiques en matière de santé mentale, Centre de toxicomanie et de santé mentale, Toronto, Canada
  2. École de santé publique Dalla Lana, Université de Toronto, Toronto, Canada
  3. Département de pharmacologie et de toxicologie, Université de Toronto, Toronto, Canada
  4. Santé Canada, Ottawa, Canada 

Mots clés 

Cannabis, conduite avec facultés affaiblies, lois, dissuasion, contre-mesures

Cet Instantané de recherche a été rédigé par Neetu Shukla et est fondé sur leur article : « Deterring Driving under the Influence of Cannabis: Knowledge and Beliefs of Drivers in a Remedial Program » publié dans le Canadian Journal of Criminology and Criminal Justice en 2019. DOI: 10.3138/cjccj.2018-0020.

Ce document a été créé par le Réseau d’échange de données probantes sur la toxicomanie et la santé mentale, qui fait partie du Programme de soutien au système provincial à CAMH, grâce à un financement de Santé Canada. Les opinions exprimées dans le présent document ne représentent pas nécessairement celles de Santé Canada.