Instantané de recherche: Facteurs ayant influé sur la santé mentale en Chine durant la phase initiale de l’éclosion de COVID-19

Que devez-vous savoir ?

Les chercheurs se sont penchés sur les répercussions immédiates sur la santé mentale de l’éclosion de la COVID-19 en Chine. L’appartenance au sexe féminin, le fait d’être étudiant et le fait de présenter des symptômes physiques étaient associés à un bien-être mental moindre, alors que le sentiment d’être bien informé sur la santé et la prise de précautions étaient corrélés à une amélioration du bien-être mental. Les autorités sanitaires et les professionnels devraient en tenir compte dans la planification des communications sur la santé et des interventions en santé mentale. Il faudrait aussi que les informations sur la COVID-19 et sur les diverses possibilités de soutien en matière de santé mentale soient facilement accessibles.

 

Cet Instantané de recherche est basé sur l’article « Immediate Psychological Responses and Associated Factors during the Initial Stage of the 2019 Coronavirus Disease (COVID-19) Epidemic among the General Population in China », publié en 2020 dans l’International Journal of Environmental Research and Public Health. Lisez-le ci-dessous ou téléchargez le PDF.

Les Instantanés de recherche sont des résumés brefs et clairs d'articles de recherche, présentés dans un format convivial.

En quoi consiste la recherche ?

Il n’existe aucune étude de recherche connue sur la santé mentale de la population canadienne durant la pandémie de COVID-19 et il n’y a que peu d’études sur celle de la population chinoise. L’étude que nous présentons ici, conduite immédiatement après que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que la COVID-19 était une urgence de santé publique de portée internationale, a été l’une des premières à analyser le bien-être mental de la population générale en Chine.

Qu’ont fait les chercheurs ? 

Les chercheurs ont mis en ligne un questionnaire de sondage destiné au grand public chinois. Il s’agissait de déterminer, dans le contexte de la COVID-19, l’association d’un certain nombre de facteurs avec l’état de santé mentale et l’état psychique (désignés ensemble ci-après par « bien-être mental »).

Facteurs examinés :

  • caractéristiques démographiques;
  • santé physique au cours des deux semaines précédentes;
  • inquiétudes au sujet de la COVID-19 et connaissances sur cette maladie;
  • mesures de précaution prises contre la COVID-19.

Les répercussions psychiques ont été mesurées à l’aide de l’échelle IES révisée (IES-R : Impact of Event Scale-Revised), et l’état de santé mentale a été mesuré à l’aide de l’échelle DASS-21 (Depression, Anxiety and Stress Scale).

Qu’ont trouvé les chercheurs ?

Voici Un peu plus de 1 200 personnes réparties dans près de 200 villes de Chine ont répondu au sondage, effectué au tout début de l’éclosion de COVID-19. Plus de la moitié des répondants ont fait état de répercussions psychiques modérées à sévères, et près du tiers ont indiqué éprouver une anxiété modérée à sévère.

  • Principales caractéristiques démographiques : L’éclosion de la maladie a été plus susceptible d’affecter le bien-être mental des femmes et des étudiants, et chez les personnes non scolarisées, le degré de dépression avait également tendance à être plus élevé.
  • Santé physique : Les personnes qui présentaient des symptômes tels que frissons ou toux et celles qui avaient des antécédents de maladie chronique ont été plus nombreuses à accuser une baisse de leur bien-être mental. L’inquiétude au sujet de la famille et des enfants était associée à des degrés de stress et d’anxiété plus élevés, respectivement.
  • Connaissances sur la COVID-19 et prise de mesures de précaution : Le sentiment d’être bien informé sur la COVID-19 et la prise de mesures de protection, dont le lavage des mains et le port de masques, ont été associés à un meilleur niveau de bien-être mental. Le fait de disposer d’informations à jour précises, notamment sur le nombre de cas de guérison, était associé à un niveau de stress moins élevé, et le fait de disposer d’informations sur le traitement, le mode de propagation du virus et la localisation des cas (par carte de suivi en ligne) était associé à une anxiété moindre.

Quelles sont les limites de cette recherche ?

Au départ, le questionnaire de sondage a été envoyé à des étudiants d’universités chinoises, à qui il a été demandé de le diffuser largement. La population étudiée n’est donc pas représentative de la population générale chinoise, ni, bien évidemment, de la population de l’Ontario du point de vue de sa santé mentale. De surcroît, l’état de santé mentale ayant fait l’objet d’une auto-évaluation, les données pourraient s’écarter de celles qui auraient été obtenues si l’évaluation avait été confiée à des professionnels.

Comment pouvez-vous tirer parti de cette recherche ?

Bien que cette étude de recherche ait été réalisée en Chine, elle fournit aux planificateurs de systèmes et de programmes des indications utiles pour la mise en place de stratégies de soutien à la santé mentale durant la pandémie de COVID-19. Les autorités sanitaires devraient envisager d’intervenir de façon précoce auprès des groupes à risque élevé. Des informations précises et à jour sur cette maladie – cas, traitements, transmission, etc. – devraient être à la portée de tous et présentées sous divers formats conviviaux. En soulignant l’importance des mesures de précaution, dont l’auto-isolement et le lavage des mains, on pourrait donner aux Ontariens le sentiment de mieux maîtriser la situation et favoriser ainsi la santé mentale positive.

Les autorités sanitaires et les professionnels pourraient fournir de la documentation sur la santé mentale aux patients qui présentent des symptômes de troubles mentaux. Une exploration des antécédents familiaux et le questionnement des patients sur les inquiétudes relatives à la famille pourraient aider à repérer les personnes dont la santé mentale est déficiente.

Qui sont les chercheurs ?

Cuiyan Wang,1 Riyu Pan,1 Xiaoyang Wan,1 Yilin Tan,1 Linkang Xu,1 Cyrus S. Ho,2,3 and Roger C. Ho1,3,4 

  1. Institut de neurosciences cognitives, Faculté d’éducation, Université normale du Hubei, Hubei, Chine
  2. Department of Psychological Medicine, National University Health System, Kent Ridge, Singapour
  3. Department of Psychological Medicine, Yong Loo Lin School of Medicine, National University of Singapore, Kent Ridge, Singapour
  4. Institute of Health Innovation and Technology (iHealthtech), National University of Singapore, Kent Ridge, Singapour

Mots clés

COVID-19, Répercussions psychiques, Stress, Anxiété, Dépression, Mesures de précaution, Promotion de la santé, Communication sur la santé

Cet Instantané de recherche est basé sur l’article « Immediate Psychological Responses and Associated Factors during the Initial Stage of the 2019 Coronavirus Disease (COVID-19) Epidemic among the General Population in China », publié en 2020 dans l’International Journal of Environmental Research and Public Health : https://doi.org/10.3390/ijerph17051729.