Instantané de recherche : Stress et adaptation psychologique chez les adolescents au début de la crise de COVID-19

Ce qu’il faut savoir  

Après avoir mené un sondage auprès d’élèves en Ontario lors des débuts de la pandémie de COVID-19, des chercheurs ont dressé un portrait préliminaire des liens entre, d’une part, le niveau de stress des adolescents et, d’autre part, leurs activités quotidiennes et leur niveau de dépression et de solitude. Les chercheurs ont découvert, entre autres, que le temps passé sur les médias sociaux est associé à un niveau élevé de détresse psychologique, mais que la présence de la famille peut atténuer les sentiments de dépression et de solitude dans le contexte de pandémie. 

 

Cet Instantané de recherche est basé sur l’article Physically isolated but socially connected: Psychological adjustment and stress among adolescents during the initial COVID-19 crisis, publié dans le Canadian Journal of Behavioural Science en 2020. Lisez-le ci-dessous ou téléchargez le PDF.

Les Instantanés de recherche sont des résumés brefs et clairs d'articles de recherche, présentés dans un format convivial.

En quoi consiste la recherche ? 

Au début de la pandémie de COVID-19, le gouvernement de l’Ontario a instauré plusieurs mesures – y compris la fermeture des écoles et la distanciation physique – afin de freiner la propagation du virus. Bien qu’ils soient largement méconnus, les impacts de ces mesures sur la santé mentale des adolescents pendant cette période cruciale de leur développement ont fait l’objet d’inquiétudes. En conséquence, des chercheurs de l’Université Western ont voulu examiner les liens entre le stress lié à la COVID-19 chez les adolescents et leurs comportements quotidiens, ainsi que d’autres indicateurs de détresse psychologique. 

Qu’ont fait les chercheurs ? 

Les chercheurs ont mené un sondage auprès de 1054 Ontariens âgés de 14 à 18 ans, qu’ils ont recrutés sur les médias sociaux en avril 2020, environ trois semaines après la fermeture des écoles en raison de la pandémie. Les questions du sondage portaient sur les thèmes suivants : stress lié à la COVID-19, solitude, dépression, temps passé avec la famille, usage des médias sociaux, consommation de nouvelles, travaux scolaires et activité physique.

Qu’ont trouvé les chercheurs ?

Les chercheurs ont conclu que :

  • Les participants se sont dits très préoccupés par la pandémie, notamment par ses impacts sur leur éducation et leurs relations avec leurs pairs. Seulement 2 % des participants n’ont signalé aucun symptôme de dépression.
  • Parmi les indicateurs de stress liés à la COVID-19, la dépression et la solitude sont très fréquentes, surtout chez les adolescents qui utilisent plus fréquemment les médias sociaux.
  • Les jeunes qui ont plus de contact virtuel avec leurs amis sont moins susceptibles de souffrir de solitude, mais plus susceptibles de souffrir de dépression.
  • Les jeunes qui passent plus de temps avec leur famille sont moins susceptibles de souffrir de dépression et de solitude. 
  • L’activité physique est associée à la diminution des sentiments de solitude. Les jeunes qui passent plus de temps sur leurs travaux scolaires sont moins susceptibles d’être déprimés.
  • Chez les adolescents qui présentent des symptômes de dépression, il faudra éventuellement surveiller leur utilisation des médias sociaux et s’assurer qu’ils entretiennent des rapports sains avec les autres sur les plateformes virtuelles. 

How can you use this research?

Les parents et les fournisseurs de soins en santé mentale pourront se servir de cette étude afin de mieux comprendre les répercussions de la pandémie et de la distanciation physique sur la santé mentale des adolescents. Ils pourront aussi s’en servir en vue d’identifier des stratégies d’adaptation pour atténuer les conséquences négatives de la pandémie chez les adolescents.

Quelles sont les limites de cette recherche ?

Ce sondage ayant été réalisé au tout début de la pandémie, il est possible, dans un premier temps, que les participants n’avaient pas encore adapté leur routine de façon permanente en fonction des règles de distanciation physique et, dans un deuxième temps, que l’échelle employée pour évaluer les indicateurs de détresse psychologique liée à la COVID-19 ne soient pas les plus fiables. Par ailleurs, il est possible que cette méthode de recrutement ait généré un échantillon non représentatif, c’est-à-dire que les participants sont plus susceptibles d’être des usagers fréquents des médias sociaux et que les femmes blanches seraient vraisemblablement surreprésentées.

De plus, cette étude repose sur l’hypothèse que les sujets respectaient les consignes de distanciation physique. En dernier lieu, il faudrait aussi noter que le sens de la relation entre les variables identifiées demeure incertain et que les tailles d’effet sont moyennes; notamment, la variabilité au niveau de l’adaptation psychologique demeure inexpliquée. Il faudra poursuivre et approfondir la recherche afin d’identifier les tendances longitudinales ainsi que le sens de la relation, à savoir la causalité, entre les variables. À cette fin, les chercheurs proposent la tenue d’un journal par les participants en vue d’obtenir des données et des résultats plus détaillés.

About the researchers

Wendy E. Ellis1, Tara M. Dumas2, Lindsey M. Forbes3

  1. Département de psychologie, King’s University College, Université Western
  2. Département de psychologie, Huron University College, Université Western
  3. Département de psychologie, Université Western, et pratique indépendante, London (Ontario) Canada

Cet instantané de recherche est basé sur l’article Physically isolated but socially connected: Psychological adjustment and stress among adolescents during the initial COVID-19 crisis, publié dans le Canadian Journal of Behavioural Science en 2020. DOI : http://dx.doi.org/10.1037/cbs0000215. Le résumé a été rédigé par Emma Firsten-Kaufman.