Raisons de conduire après la consommation de cannabis selon des conducteurs participant à un programme de mesures correctives

Que devez-vous savoir ?

Les chercheurs ont mené des entrevues individuelles avec 20 adultes participant à un programme de mesures correctives visant les personnes ayant conduit avec les facultés affaiblies afin de comprendre les expériences de ceux-ci en ce qui a trait à la CACC.

La majorité des participants ont indiqué qu’ils se sentaient seulement un peu « gelés » et qu’ils croyaient que le cannabis n’affectait pas leurs aptitudes de conduite. Certains ont indiqué avoir conduit « gelés » pour empêcher quelqu’un d’autre de conduire en état d’ébriété ou pour gagner du temps et économiser de l’argent. Environ la moitié des participants a déclaré avoir utilisé divers techniques pour contrer les effets du cannabis comme la consommation d’aliments ou une attente de 30 minutes avant de prendre le volant.

En analysant les données qualitatives provenant de personnes qui s’adonnent à la CACC, les chercheurs ont pu comprendre les principales raisons justifiant la CACC et décrire les caractéristiques communes de telles expériences.

 

View of a person's hands at the wheel and landscape outside the windshield

Cet Instantané de recherche est fondé sur l’article : « Just a Habit : Driving Under the Influence of Cannabis as Ordinary, Convenient, and Controllable Experiences According to Drivers in a Remedial Program » publié dans le Journal of Drug Issues en 2019. Lire ci-dessous ou télécharger le PDF.

Les Instantanés de recherche sont des résumés brefs et clairs d'articles de recherche, présentés dans un format convivial.

En quoi consiste la recherche ?

Les études indiquent que l’usage de cannabis avant de prendre le volant peut faire augmenter les risques de collision. En raison de la légalisation du cannabis au Canada, il importe de comprendre toutes les raisons qui amènent les gens à conduire après avoir consommé du cannabis.

Dans cette étude, les chercheurs ont tenté de comprendre les motivations et les perspectives sous-jacentes à la CACC. L’information fournie vise à renseigner les prestataires de services afin de faciliter la création d’initiatives efficaces en matière d’éducation et de prévention.  

Qu’ont fait les chercheurs ?

Les chercheurs ont interviewé 20 adultes qui s’étaient adonnés à la CACC au cours de l’année écoulée et participaient au programme de mesures correctives Bonne conduite s’adressant à des personnes ayant conduit avec les facultés affaiblies. Ils ont posé des questions aux participants au sujet de leur dossier de conduite, de leur consommation de substances psychoactives et de leur comportement en matière de conduite avec les facultés affaiblies par l’alcool ou la drogue. Ils leur ont aussi posé une série de questions concernant leur plus récente expérience de CACC, les autres options de transport disponibles, les personnes qui les accompagnaient alors et la sensation d’être « gelés ».

Qu’ont trouvé les chercheurs ?

Voici les thèmes que les chercheurs ont dégagés des réponses des participants :

La CACC est une expérience ordinaire : Les expériences de CACC ont souvent été décrites comme des occasions banales et courantes. De nombreux participants ont indiqué qu’ils prenaient du cannabis avant de se rendre au travail ou en revenir et avant d’aller à des rencontres sociales et à des activités de loisir. Beaucoup ont indiqué qu’ils raccompagnent souvent des amis et d’autres personnes. Ceux qui ont dit consommer du cannabis à des fins récréatives ont déclaré s’être adonnés à la CACC après des rencontres sociales:

  • La CACC est pratique et peu coûteuse : La plupart des participants ont dit qu’ils auraient pu utiliser d’autres modes de transport, mais que, souvent, ils optaient pour la CACC pour des questions d’ordre pratique et aussi pour gagner du temps et économiser de l’argent. 
  • Pas assez « gelé » pour ne pas prendre le volant : Alors que la plupart des participants mentionnent qu’ils se sentaient de légèrement à modérément « gelés » lorsqu’ils conduisaient, ils ont dit qu’ils se sentaient en mesure de le faire, car ils se sentaient plus détendus, attentifs et anxieux. Plusieurs ont par ailleurs déclaré avoir pris le volant, car l’état des autres était pire que le leur.
  • Règle générale, les conducteurs ne sentaient pas qu’ils devaient compenser d’une quelconque façon leur état. Certains ont toutefois indiqué qu’ils feraient des choses comme boire de l’eau, manger pour atténuer les effets, attendre au moins 30 minutes avant de prendre le volant et être plus prudents au volant (p. ex. ne pas dépasser les limites de vitesse; être plus attentifs à l’environnement, aux trottoirs et aux autres voitures).

Quelles sont les limites de cette recherches ?

Cette étude repose sur des entrevues. Il se peut donc que certains participants se soient sentis obligés de donner des réponses qu’ils croyaient correspondre aux attentes de l’intervieweur. Par ailleurs, ils pouvaient ne pas se souvenir clairement de leur comportement antérieur. Cette étude pourrait donc être biaisée étant donné que les sondés participaient à un programme de mesures correctives afin de pouvoir récupérer leur permis de conduire.  Aussi, du fait que ces personnes avaient déjà conduit avec les facultés affaiblies, leurs réponses peuvent différer de celles de la population en général.

Comment pouvez-vous tirer parti de cette recherche ?

Cette étude peut être utile dans le cadre de la planification d’interventions pour empêcher le public de s’adonner à la CACC. Les perspectives et les thèmes que les chercheurs ont déterminés peuvent servir lors de l’élaboration de campagnes d’éducation et de sensibilisation et d’initiatives visant à aider les gens à changer d’attitudes et de croyances.

Qui sont les chercheurs ?

Tara Marie Watson,1 Robert E. Mann,1,2 Christine M. Wickens,1,2 Bruna Brands1,2,3

1. Institut de recherche sur les politiques en matière de santé mentale, Centre de toxicomanie et de santé mentale, Toronto, Canada

2. Université de Toronto, Toronto, Ontario, Canada

3. Santé Canada, Ottawa, Ontario, Canada

Mots clés 

Cannabis, conduite, entrevues, motivations

Cet Instantané de recherche a été rédigé par Neetu Shukla et est fondé sur l’article : « Just a Habit : Driving Under the Influence of Cannabis as Ordinary, Convenient, and Controllable Experiences According to Drivers in a Remedial Program » publié dans le Journal of Drug Issues en 2019. DOI : 10.1177/0022042619842375.

Ce document a été créé par le Réseau d’échange de données probantes sur la toxicomanie et la santé mentale, qui fait partie du Programme de soutien au système provincial à CAMH, grâce à un financement de Santé Canada. Les opinions exprimées dans le présent document ne représentent pas nécessairement celles de Santé Canada.