Récapitulatif de rapport de recherche : Effet de la pandémie de COVID-19 sur la consommation d’opioïdes et de substances illicites, et méfaits associés

En bref

Il est probable que la pandémie de maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) et les mesures de santé publique mises en place pour réduire la transmission du virus aient affecté les consommateurs d’opioïdes et d’autres substances illicites, et ce, pour deux raisons : l’offre de ces substances a sans doute subi des répercussions et les systèmes de soutien aux utilisateurs ont été perturbés.

Une équipe de l’Université McMaster s’est fixé pour tâche d’inventorier les recherches émergentes, de les évaluer et d’en faire une synthèse afin de contribuer à ce que la prise de décisions soit fondée sur des données probantes. Son exposé sommaire, qui inclut toutes les recherches accessibles au 10 septembre 2020, visait à répondre à la question suivante : Quel est l’effet de la pandémie de COVID-19 sur la consommation d’opioïdes et de substances illicites, et quels sont les préjudices pour les utilisateurs?

Le présent Récapitulatif de rapport de recherche énonce les principales conclusions de l'exposé. Les résumés faisant partie de cette série décrivent succinctement des rapports de recherche dans un format convivial et en termes simples. Lire le résumé ci-dessous ou télécharger le PDF.

Titre du rapport et hyperlien

Rapid Review Update 1: What is the effect of the COVID-19 pandemic on opioid and substance use and related harms?

Auteur.e.s

The National Collaborating Centre for Methods and Tools

Date

septembre 2020

Lieu

Hamilton, ON

Objet du rapport de recherche

Il est probable que les mesures de santé publique mises en place pour freiner la transmission du coronavirus ont eu des effets préjudiciables majeurs pour les personnes qui consomment des opioïdes et autres substances illicites. On a de nombreuses raisons de le supposer, notamment si on considère les changements qui ont affecté l’offre de ces substances et perturbé les systèmes de soutien destinés aux personnes qui en consomment.

Des stratégies ont été mises en place pour maîtriser la COVID-19 :

  • modifications de la législation, en particulier de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances, pour permettre de prescrire des substances désignées pour des périodes plus longues et de livrer ces substances à domicile ou ailleurs, dans un but de réduction des méfaits;
  • délivrance ou prescription de substances de substitution (p. ex. approvisionnement en substances de qualité pharmaceutique);
  • mise à disposition de naloxone à administrer en cas de prise non supervisée de médicaments destinés à traiter les troubles résultant de la consommation de substances psychoactives;
  • sensibilisation à la réduction des méfaits dans le cadre du confinement;
  • ajout de produits de désinfection aux trousses de réduction des méfaits.

En raison de l’épidémie de COVID-19, il a également fallu veiller à l’application ou au renforcement des stratégies existantes :

  • approvisionnement constant en substances psychoactives;
  • service de contrôle des drogues dans le but de minimiser les risques;
  • fourniture du matériel stérile;
  • désinfection du matériel des trousses de réduction des risques.

Il convient de ne pas négliger les effets délétères que peuvent avoir les mesures en lien avec la pandémie sur la consommation d’opioïdes et d’autres substances psychoactives, ainsi que sur les méfaits qui y sont associés. C’est pourquoi les services de santé publique doivent élaborer des stratégies efficaces pour tenter d’éviter les méfaits ou d’en réduire l’ampleur.

Principales conclusions du rapport

L’exposé sommaire faisant l’objet du présent résumé de rapport de recherche recense toutes les données disponibles jusqu’au 10 septembre 2020. Il s’agissait de répondre à la question suivante : Quel est l’effet de la pandémie de COVID-19 sur la consommation d’opioïdes et de substances psychoactives et quels sont les préjudices associés?

Voici quelques conclusions majeures :

  • Il y a eu, dans de nombreuses provinces et régions, quelques changements au niveau des taux de surdose et des décès liés à la consommation de substances psychoactives dans le cadre de la pandémie, même si les taux en question sont difficiles à comparer en raison d’un manque d’homogénéité sur le plan des indicateurs (c.-à-d. d’éléments faciles à cerner et à quantifier, comme le taux de surdose, par exemple) ainsi qu’au niveau des méthodes de mesure.
  • Rien ne permet d’affirmer que les stratégies actuellement employées ou proposées permettraient d’éviter ou de réduire les effets néfastes de la consommation de substances illicites dans le contexte de la pandémie.
  • Il n’existe que peu de données au sujet des effets de la pandémie sur la consommation d’opioïdes et de substances psychoactives, ainsi que sur les dommages associés. Globalement, les données recueillies sont assez peu fiables, et il y a de fortes chances que les conclusions évoluent à mesure que de nouvelles données seront recueillies.
  • La plupart des données probantes proviennent d’observations faites lors de pandémies antérieures et d’événements similaires :
    • En pareils cas, il se peut que les personnes qui consomment des substances psychoactives aient un accès réduit aux services de traitement et de réduction des méfaits.
    • Au Canada, il se peut que l’approvisionnement en substances illicites soit perturbé, ce qui a pu se traduire par une disponibilité moindre, un coût plus élevé et un risque accru que ces substances soient altérées.
  • La comparaison entre différentes provinces et régions n’a pas permis de mettre en évidence des tendances marquées en matière de changement.
  • Il est difficile de dire si les changements au niveau des surdoses d’opioïdes et des décès associés ont été causés par les mesures de santé publique visant à réduire la propagation du virus.

Remerciements

La présente activité d’échange de connaissances est soutenue par le Réseau d’échange de données probantes (EENet), qui fait partie du Programme de soutien au système provincial du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH). EENet existe grâce à la contribution financière du ministère de la Santé (MS). Les opinions qui y sont exprimées ne reflètent pas nécessairement les positions du MS ou de CAMH.

Comment se servir de ce rapport

Ce rapport, qui recense les recherches émergentes, les évalue et les synthétise, présente des données factuelles de nature à éclairer l’adoption de mesures de santé publiques dans le contexte de la pandémie de COVID-19.

Populations visées

toutes les populations

Mots-clés

coronavirus, COVID-19, opioïdes, substances illicites, consommation de substances psychoactives, réduction des méfaits, surdose

Personnes-ressources

Université McMaster nccmt [at] mcmaster [dot] ca 905 525-9140, poste 20450 www.ccnmo.ca (français) ou www.nccmt.ca (anglais)

Langue de publication

anglais