Recherche en bref : Réactions face à la COVID-19

Réactions face à la COVID-19 : les facteurs prédictifs de la détresse psychologique, de l’évitement et du non-respect de la distanciation physique

En bref

Pendant une pandémie, la présence ou l’absence d’anxiété ont une incidence sur les comportements, et il en est de même des convictions de chacun. L’équipe de recherche a mené une enquête en ligne fondée sur l’autodéclaration pour mieux examiner l’influence des opinions au sujet de la COVID-19 sur les réactions de la population face à la pandémie. La conviction que la COVID-19 est dangereuse constituait le prédicteur de détresse psychologique le plus grand, de façon générale ainsi que pendant l’auto-isolement. Les participant.e.s convaincu.e.s de la dangerosité du virus étaient plus nombreux.ses à éviter à tout prix les supermarchés et d’autres lieux publics. À l’inverse, la conviction d’avoir une santé suffisamment bonne pour résister à la COVID-19 était le meilleur prédicteur du non-respect des directives de distanciation physique.

Cette Recherche en bref résume l’article intitulé « Reactions to COVID-19: Differential predictors of distress, avoidance, and disregard for social distancing », publié dans le Journal of Affective Disorders en 2020. https://doi.org/10.1016/j.jad.2020.08.002

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Les Recherches en bref sont des résumés brefs et clairs d'articles de recherche, présentés dans un format convivial.

Objet de la recherche

D’après des études menées sur de précédentes épidémies et pandémies, la présence ou l’absence d’anxiété dans de telles situations peut avoir une incidence sur les comportements. Une personne qu’une épidémie virale n’angoisse pas outre mesure sera moins encline à faire cas des recommandations des autorités sanitaires : distanciation sociale, lavage des mains et vaccination. En revanche, une personne en proie à une anxiété excessive sera plus portée à faire des « achats de panique » ou à se cloîtrer chez elle.

Les opinions d’une personne peuvent aussi exercer une forte influence sur sa façon de réagir. Une équipe de recherche canadienne a mené une étude pour mieux mieux saisir le lien entre les opinions et les réactions excessives ou l’absence de réaction face à la pandémie de COVID-19. Il s’agit de la première étude visant à déterminer si ce genre d’opinions pourrait permettre de prédire la réaction d’une personne face à la pandémie.

Méthodes

Du 21 mars au 1er avril 2020, l’équipe de recherche a mené une enquête en ligne pour recueillir des données au Canada et aux États-Unis. L’échantillon, qui se composait de 6 854 adultes âgés de 18 à 94 ans, était représentatif de la population des deux pays et respectait la distribution socio démographique en termes d’âge, de sexe, d’ethnicité, de condition socio économique et de situation géographique.

L’équipe de recherche a évalué les réactions à l’aide des échelles d’évaluation du stress associé à la pandémie de COVID-19. Les opinions entraînant des réactions excessives ont été évaluées de deux manières : perception par les participant.e.s de la dangerosité de la COVID-19 (menace pesant sur leur santé et leur bien-être socio économique) et conviction que ce sont les « étrangers » qui propagent le virus.

Les opinions liées à un manque de réactivité ont été évaluées en fonction de la conviction des participant.e.s selon laquelle le risque posé par la COVID-19 était exagéré et que leur santé était suffisamment bonne pour résister au virus.

Conclusions de la recherche

La conviction que la COVID-19 est dangereuse constituait le prédicteur de détresse psychologique le plus grand, de façon générale ainsi que pendant l’auto-isolement. Les participant.e.s convaincu.e.s de la dangerosité du virus étaient plus enclin.e.s à éviter à tout prix les supermarchés et d’autres lieux publics et les personnes ayant déclaré avoir eu un problème de santé mentale au cours de l’année précédente étaient plus nombreuses à présenter des symptômes de détresse générale, y compris des symptômes de détresse liés à l’isolement social. La conviction d’avoir une santé suffisamment bonne pour résister au virus était le meilleur prédicteur du non-respect des directives de distanciation physique. s.

Applications possibles

Cette étude présente des données qui pourraient servir aux professionnel.le.s de la santé publique et aux décideurs politiques à mettre au point des interventions pour persuader la population de se montrer plus réaliste au sujet de la COVID 19. Elle pourrait également les aider à développer des stratégies pour inciter la population à suivre les recommandations des autorités sanitaires, en particulier celles relatives au lavage des mains et à la distanciation physique.

Portée et limites des conclusions

L’équipe de recherche a indiqué que l’étude comportait plusieurs limites. En effet, l’étude ne représentant que les opinions d’un groupe de personnes à un moment particulier, elle ne permet pas de déterminer comment ces opinions pourraient évoluer au fil du temps. De plus, l’étude était axée sur les formes extrêmes, et non sur les formes modérées, de non-respect des mesures de distanciation physique.

Auteur.e.s

Steven Taylor1, Caeleigh A. Landry2, Michelle M. Paluszek2, Gordon J. G. Asmundson2

  1. Département de psychiatrie, Université de Colombie-Britannique, Vancouver, C.-B.
  2. Département de psychologie, Université de Regina, Regina, Sask.

Remerciements

La présente activité d’échange de connaissances est soutenue par le Réseau d’échange de données probantes (EENet), qui fait partie du Programme de soutien au système provincial du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH). EENet existe grâce à la contribution financière du ministère de la Santé (MS). Les opinions qui y sont exprimées ne reflètent pas nécessairement les positions du MS ou de CAMH.

Même si le plus grand soin a été apporté à la sélection et à la préparation des informations contenues dans le présent Recherche en bref, il convient de préciser que ce dernier se fonde sur un seul article de recherche. Une recherche approfondie n’a pas été effectuée pour vérifier l’existence de nouveaux éléments de preuve. Par conséquent, le contexte sous-tendant la recherche, la terminologie utilisée, les méthodes de recherche et les conclusions de l’étude ne donnent peut-être pas un tableau complet de ce sujet particulier. Par ailleurs, comme un laps de temps a pu s’écouler entre l’étude elle-même et sa publication, celle-ci ne reflète peut-être pas les données actuelles.

Mots-clés  

coronavirus, COVID-19, pandémie, détresse psychologique, évitement, distanciation