Résumé du rapport de recherche : Vulnérabilités liées à la COVID-19 chez les Canadiens et les Canadiennes LGBTQ2+

Ce que vous devez savoir

Les mesures adoptées pour freiner la propagation de la COVID-19 entraînent des difficultés particulières pour les personnes au Canada qui sont lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres ou bispirituelles, qui ont une autre identité de genre non binaire ou qui sont issues d’une autre minorité sexuelle (LGBTQ2+). Ce rapport examine les différences qui existent entre les populations canadiennes LGBTQ2+ et non LGBTQ2+ au chapitre des vulnérabilités sociales et économiques, et comment celles-ci pourraient avoir un impact sur la situation des personnes LGBTQ2+ lors de la pandémie de COVID-19. Il indique que les personnes LGBTQ2+ étaient plus à risque de perdre leur emploi, d’avoir de faibles revenus ou d’éprouver des difficultés financières avant la pandémie, ce qui pourrait leur causer davantage de difficultés en cas d’interruption de travail. Elles sont également plus susceptibles d’être sans abri ou dans une situation de logement précaire, ce qui peut représenter un obstacle quant aux mesures de confinement ou de quarantaine, ainsi qu’au respect des consignes sanitaires.  

Titre du rapport et liens : Vulnerabilities related to COVID-19 among LGBTQ2+ Canadians / Vulnérabilités liées à la COVID-19 chez les Canadiens et les Canadiennes LGBTQ2+

Auteures : Elena Prokopenko et Christina Kevins pour Statistique Canada

Année : décembre 2020, Ottawa

À qui et à quoi ce rapport est-il destiné : Ce rapport vise à guider les décideurs et les responsables de la planification dans l’élaboration de mesures de santé publique contre la transmission du coronavirus, tout en tenant compte de l’effet de ces mesures sur les personnes LGBTQ2+.

Populations concernées : personnes au Canada qui sont lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres ou bispirituelles, qui ont une autre identité de genre non binaire ou qui sont issues d’une autre minorité sexuelle

Personne-ressource/source : STATCAN [dot] infostats-infostats [dot] STATCAN [at] canada [dot] ca

Aperçu du rapport

Les mesures adoptées pour freiner la propagation de la COVID-19 entraînent des difficultés particulières pour les personnes LGBTQ2+ au Canada (c’est-à-dire celles qui sont lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres ou bispirituelles, qui ont une autre identité de genre non binaire ou qui sont issues d’une autre minorité sexuelle). Par exemple, les jeunes LGBTQ2+ peuvent être contraints à se confiner avec les membres de leur famille homophobes, biphobes ou transphobes, faute de logements disponibles ou abordables.

Ce rapport examine les différences qui existent entre les populations canadiennes LGBTQ2+ et non LGBTQ2+ au chapitre des vulnérabilités sociales et économiques, et comment cette réalité peut rendre les personnes LGBTQ2+ plus vulnérables face aux effets de la pandémie de COVID-19.

Cette étude comparative est fondée sur l’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés de 2018. Les résultats obtenus proviennent d’un échantillon de plus de 45 000 répondants canadiens âgés de 15 ans et plus.

Répartition selon l’âge et le sexe

Globalement, au Canada, la population LGBTQ2+ est plus jeune que la population non LGBTQ2+. Les personnes LGBTQ2+ ont nettement moins tendance à s’identifier comme homme et, par ailleurs, elles sont plus à risque de perdre leur emploi. Par exemple :

  • Globalement, les personnes LGBTQ2+ constituent 4 % de la population canadienne. Les jeunes de 15 à 24 ans représentent 30 % de la population LGBTQ2+, contre 14 % de la population non LGBTQ2+.
  • Les personnes de 65 ans et plus représentent 7 % de la population LGBTQ2+ au Canada, contre 21 % de la population non LGBTQ2+.
  • Du point de vue du genre, 44 % des répondants LGBTQ2+ s’identifient comme homme et 52 % comme femme, comparativement à 4 % qui se désignent comme personnes de diverses identités de genre. Parmi les répondants non LGBTQ2+, la répartition se fait à parts pratiquement égales (50-50), 49,5 % s’identifiant comme homme et 50,5 % comme femme.

Au Canada, ce sont les jeunes de 15 à 24 ans qui ont subi les pertes d’emploi les plus importantes et les plus soutenues durant la pandémie. Étant donné la proportion élevée de jeunes au sein de la population LGBTQ2S+, il est probable qu’elle soit parmi les populations les plus durement touchées par les pertes d’emploi lors de la pandémie.

Revenu et précarité financière

Les personnes LGBTQ2+ au Canada sont surreprésentées dans les catégories à revenu inférieur. Notamment, elles sont proportionnellement nettement plus nombreuses que les personnes non LGBTQ2+ dont le revenu annuel est inférieur à 20 000 $ (41 % contre 26 %). Quant au revenu personnel moyen, on observe également un écart important entre les deux groupes (39 000 $ contre 54 000 $). 

Les différences de revenu entre les deux groupes seraient attribuables, en partie, à certains facteurs sociodémographiques qui ont une influence sur le revenu personnel. Par exemple la proportion de personnes LGBTQ2+ qui sont aux études (CÉGEP, collège, université ou autre établissement scolaire) est presque deux fois plus élevée (24 % contre 13 %).

Par ailleurs, la proportion de personnes LGBTQ2+ qui se disent incapables de faire face à une dépense soudaine et imprévue est nettement plus élevée (11 % contre 7 %).

Accès précaire à un logement stable et sécuritaire

La proportion de personnes LGBTQ2+ ayant vécu une situation d’itinérance ou de logement précaire quelconque est plus de deux fois plus élevée (27 % comparativement à 13 % pour les répondants non LGBTQ2+). De plus :

  • elles sont trois fois plus susceptibles d’avoir vécu dans un refuge pour sans-abri, dans la rue ou dans un immeuble abandonné
  • elles sont plus de deux fois plus susceptibles d’avoir vécu avec des membres de leur famille ou des amis parce qu’elles n’avaient nulle part où aller
  • parmi les personnes qui n’ont pas indiqué avoir vécu l’une des deux situations décrites ci-dessus, les personnes LGBTQ2+ sont deux fois plus susceptibles d’avoir quitté temporairement leur logement pour aller vivre ailleurs parce qu’elles subissaient des abus ou des actes de violence
  • la proportion de jeunes LGBTQ2+ âgé.e.s de 15 à 24 ans qui ne vivent pas chez leurs parents est nettement plus élevée (35 % contre 24 % pour les jeunes non LGBTQ2+)